La manière dont les internautes cherchent de l’information a changé plus vite que la plupart des stratégies marketing n’ont eu le temps de s’adapter. En 2025, 60 % des recherches se terminent sans aucun clic, et le taux de clics en première position chute à 2,6 % dès qu’une réponse générée par l’IA s’affiche. Les grands modèles de langage (LLMs) comme ChatGPT, Gemini ou Claude sont devenus des intermédiaires de confiance entre les marques et leurs clients potentiels. Une discipline en découle : le GEO, ou Generative Engine Optimization.
Le GEO, c’est quoi exactement ?
Le GEO (Generative Engine Optimization) désigne l’ensemble des pratiques qui permettent d’améliorer la visibilité d’une marque ou d’un contenu dans les réponses produites par les IA génératives. Là où le SEO classique cherche à positionner une page dans les résultats de Google, le GEO cherche à être cité, recommandé, voire sourcé dans les réponses que ChatGPT ou Perplexity formulent pour leurs utilisateurs.
Le concept est proche de ce qu’on appelle parfois l’AEO (Answer Engine Optimization) ou le LLMO (Large Language Model Optimization). La nuance est subtile, mais l’enjeu est identique : être présent là où l’attention se déplace. En France, 39 % des internautes utilisent désormais des moteurs d’IA pour leurs recherches selon une étude IPSOS 2026, et 33 % des Français déclaraient avoir utilisé un outil d’IA en 2024, contre 20 % seulement un an plus tôt. Chez les 18-24 ans, ce taux atteint 77 %.
Pour les marques françaises, le timing est critique. Le trafic web issu des plateformes d’IA a progressé de +29 % en France entre 2025 et 2026. À l’échelle mondiale, ce trafic a été multiplié par 16 en deux ans. Le baromètre GEO de Valiuz, qui suit 13 grandes enseignes du retail français (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Boulanger…), révèle que le trafic e-commerce provenant des IA a été multiplié par 18 entre décembre 2024 et décembre 2025.
Ce que les LLMs font de votre marque à votre insu
Un LLM ne vous demande pas votre avis avant de parler de vous. Quand un utilisateur pose une question sur les meilleures solutions dans votre secteur, l’IA synthétise des sources variées et produit une réponse, avec ou sans vous. Si votre marque n’est pas dans les sources que le modèle juge crédibles, elle n’apparaît pas. Pire, si elle apparaît, rien ne garantit que les informations soient exactes : tarifs obsolètes, description approximative, voire adresse incorrecte. C’est ce qu’on appelle les hallucinations.
C’est là qu’un outil comme brand-monitor.fr prend tout son sens : mesurer si votre marque est citée, à quelle fréquence, avec quel sentiment (positif, neutre, négatif), et si les informations relayées sont factuellement correctes. Ces outils de monitoring LLM fonctionnent selon trois logiques : le tracking de mentions, l’analyse des URLs citées comme sources (signal d’autorité fort), et la simulation de prompts pour reproduire ce qu’un utilisateur verrait en posant une question au moteur.
Les KPIs à surveiller incluent le score de visibilité global, le share of voice dans les différents LLMs, l’analyse de sentiment et la position de citation (les modèles tendent à mentionner les marques les plus saillantes en premier). Selon Gartner, le volume de recherche traditionnel pourrait reculer de 25 % dès 2026, ce qui renforce l’urgence de piloter sa présence dans les IA plutôt que de l’ignorer.
Qui surveille quoi, et comment commencer ?
Le marché des outils de LLM tracking a littéralement explosé depuis fin 2024 : plus de 40 solutions existent aujourd’hui. Côté français, plusieurs acteurs structurés couvrent les principaux modèles (ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity, Mistral). Les tarifs d’entrée tournent autour de 29 à 75 euros par mois pour les offres accessibles aux TPE et indépendants, avec des solutions plus complètes destinées aux grandes équipes marketing.
Un chiffre illustre bien le retard général : seulement 23 % des marketeurs investissent aujourd’hui dans le prompt tracking et la mesure GEO. C’est peu, au regard des 63 % qui déclarent faire de la recherche générative une priorité stratégique. La fenêtre pour se différencier est donc encore ouverte. Environ 65 % des pages citées par les IA intègrent des données structurées Schema.org, et la majorité des sites français ne sont pas encore optimisés pour cette nouvelle réalité.
Le monitoring n’est pas une fin en soi, mais il constitue la première étape logique : on ne peut pas optimiser ce qu’on ne mesure pas. Avant d’affiner une stratégie de contenu ou de travailler ses mentions tierces, encore faut-il savoir où on en est dans les réponses des IA. C’est, en quelque sorte, le nouveau Google Search Console.

